http://www.radiofrance.fr/reportage/cahiers/cahiers.php?rid=350000100
Cette année-là, la France aurait pu fêter le dixième anniversaire de la Constitution de la V° République et les dix années du Général de Gaulle à l'Elysée. Une France riche et prospère, du Pyrex et du Formica, du métro-boulot-dodo et qui envoyait massivement ses enfants à l'université. Le printemps s'annonçait radieux.
« Je prends mes désirs pour des réalités car je crois en la réalité de mes désirs… »
Un simple chiffre : dans la France d’aujourd’hui un Français sur deux n’a pas connu Mai 68. Autrement dit : 50% de nos concitoyens n’étaient pas nés alors. Nos politiques actuels - jeunes quinquagénaires - achevaient une brillante carrière à la Communale tandis que nos dynamiques quadra ne gazouillaient pas encore en couche-culotte. Le regard que les uns et les autres portent aujourd’hui sur des événements qu’ils n’ont pas connu leur confère donc une incontestable autorité.
Incontestable autorité. Deux jolis mots de mai. Incontestable comme contestation. Autorité comme Contestation de l’autorité ?
En fait, faut-il parler de l’héritage de mai 68 ? Sûrement. D’un point de vue strictement politique ? Cela ne fait aucun doute. Pourtant, ce n’est pas l’angle choisi pour ce dossier. Il ne s’agit pas d’opposer une énième fois soixante-huitards à anti-soixante-huitards si tant est que ces expressions aient un sens. Mai 68 constitue un épisode majeur de la France des Trente-Glorieuses. Peut-être même son point d’orgue. En tout cas, un épisode de notre histoire sur lequel, le recul aidant, on peut porter un regard avide.
Car qu’y a-t-il de commun entre la France d’aujourd’hui et celle de mai 68 ? En réalité bien peu de choses. Il s’agît pratiquement de deux mondes différents, l’un ayant sans nul doute permis l’émergence de l’autre. Ceux qui n’ont pas connu mai 68 en sont donc, qu’ils le veuillent ou non, les héritiers.
Mai 68, c’est un sérieux coup de soleil sur une France engourdie et pâlichonne qui ne demandait qu’à prendre l’air du large. Or précisément sous les pavés, à cette époque bénie de nos dix-huit ans, se trouvait la plage…
Dernier point : Mai 68, c’est aussi votre témoignage, un souvenir, une anecdote, une émotion. Nous les espérons nombreux et riches.
Gérard Conreur
Cette année-là, la France aurait pu fêter le dixième anniversaire de la Constitution de la V° République et les dix années du Général de Gaulle à l'Elysée. Une France riche et prospère, du Pyrex et du Formica, du métro-boulot-dodo et qui envoyait massivement ses enfants à l'université. Le printemps s'annonçait radieux.
« Je prends mes désirs pour des réalités car je crois en la réalité de mes désirs… »
Un simple chiffre : dans la France d’aujourd’hui un Français sur deux n’a pas connu Mai 68. Autrement dit : 50% de nos concitoyens n’étaient pas nés alors. Nos politiques actuels - jeunes quinquagénaires - achevaient une brillante carrière à la Communale tandis que nos dynamiques quadra ne gazouillaient pas encore en couche-culotte. Le regard que les uns et les autres portent aujourd’hui sur des événements qu’ils n’ont pas connu leur confère donc une incontestable autorité.
Incontestable autorité. Deux jolis mots de mai. Incontestable comme contestation. Autorité comme Contestation de l’autorité ?
En fait, faut-il parler de l’héritage de mai 68 ? Sûrement. D’un point de vue strictement politique ? Cela ne fait aucun doute. Pourtant, ce n’est pas l’angle choisi pour ce dossier. Il ne s’agit pas d’opposer une énième fois soixante-huitards à anti-soixante-huitards si tant est que ces expressions aient un sens. Mai 68 constitue un épisode majeur de la France des Trente-Glorieuses. Peut-être même son point d’orgue. En tout cas, un épisode de notre histoire sur lequel, le recul aidant, on peut porter un regard avide.
Car qu’y a-t-il de commun entre la France d’aujourd’hui et celle de mai 68 ? En réalité bien peu de choses. Il s’agît pratiquement de deux mondes différents, l’un ayant sans nul doute permis l’émergence de l’autre. Ceux qui n’ont pas connu mai 68 en sont donc, qu’ils le veuillent ou non, les héritiers.
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