Fédéral, du latin "foedus": alliance

Par Francis Van de Woestyne


http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=367730

Mis en ligne le 03/09/2007

S'il avait fallu trouver, n'allons même pas jusqu'à parler de connivences, mais juste de quelques idées communes, ou simplement de l'envie, même timide, de débuter un dialogue constructif, pour constituer une équipe soudée, dynamique, et bâtir un projet qui corresponde aux souhaits des citoyens - c'est quand même pour cela qu'ils sont là, non ? - on aurait été tenté, après une heure d'émission "Mise au point" à la RTBF, de conclure que, décidément, tout est impossible et qu'il n'y a pas assez de substance commune au Nord et au Sud du pays pour constituer un gouvernement fédéral.

Fédé... quoi ? Fédéral ! Mon bon monsieur, cela vient de "foedus" en latin, qui veut dire alliance. Alliance ? De qui, de quoi ? Pour faire quoi, d'ailleurs ?

Le problème est là. Et la position des partis flamands est paradoxale. Ils veulent conquérir le pouvoir fédéral pour le vider de sa substance et transférer la plupart des compétences de l'Etat central vers les Régions et Communautés. Pourquoi ? Simple, mon bon monsieur : parce qu'ils l'ont promis à leurs électeurs pendant la campagne. C'est celui qui a fait les plus belles promesses qui a gagné : le CD & V et son cactus, la N-VA, comme l'a joliment appelé Herman De Croo (VLD). Le problème est que les partis flamands ont tout simplement oubié de dire à leurs électeurs que pour transférer toutes ces compétences (pour ne laisser quasiment que les normes de bruit !), il fallait aussi l'accord des francophones. Qui ça ? Les fran-co-pho-nes : cette peuplade de bons vivants, qui vit au centre du pays, dans une enclave entourée d'une piste cyclable et aussi là, un peu plus au Sud, dans une Région où poussent quelques mauvaises herbes.

La Flandre est riche. Et elle souhaite une nouvelle réforme de l'Etat pour pouvoir utiliser les énormes moyens dont elle dispose. On peut la comprendre. Mais pourquoi aucun parti flamand n'a-t-il expliqué que c'est bien le fédéralisme actuel qui a permis le flamboyant essor flamand et que moyennant quelques aménagements, ce développement économique - dont la Wallonie ferait bien de s'inspirer - se poursuivrait sans aucun problème.

Ce qui est inacceptable, c'est le sentiment que donnent les partis flamands de vouloir des réformes qui ne seraient profitables qu'aux seuls Flamands (pourquoi communautariser les allocations familiales et pas les pensions ?). Si seul le destin de la Flandre et de ses habitants préoccupe les partis flamands, qu'ils renoncent alors à revendiquer le poste de Premier ministre...

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